Impact psychologique de la crise du coronavirus sur les personnes atteintes de diabète

« Terug naar nieuws & events
stress en diabetes

Impact psychologique de la crise du coronavirus sur les personnes atteintes de diabète

Le dr. Chantal Mathieu a déjà déclaré qu’il n’y a aucune preuve que les personnes atteintes de diabète de type 1 soient plus sensibles au virus à l’origine du COVID-19. En tant que diabétique, cela vous préoccupe particulièrement, car les médias citent sans cesse le diabète.

Gardez à l’esprit qu’en période de menace terroriste ou de pandémie, une bonne dose de peur est le meilleur conseiller. En d’autres termes, les sentiments de peur ou même de panique sont des réactions NORMALES dans une situation ANORMALE.

 

La peur : de quoi s’agit-il exactement?

Une respiration accélérée et une tension musculaire élevée préparaient nos ancêtres à combattre ou à fuir une menace ou une bête dangereuse. Les images et les chiffres dans l’actualité, les masques buccaux, les mesures au supermarché initient des mécanismes identiques dans notre cerveau. Vous contractez inconsciemment vos muscles, soupirez ou retenez votre souffle de peur, vous êtes essoufflé, commencez à transpirer, avez des palpitations. C’est la peur. Certaines de ces réactions physiques peuvent être très similaires à l’hypoglycémie. Assurez-vous de vérifier votre glycémie afin d’exclure l’hypoglycémie. Ces réactions peuvent également indiquer que vous êtes en hyperventilation. C’est toutefois inutile face à un adversaire que vous ne pouvez ni voir ni entendre. De plus, si vous pensez «oui, le virus m’a eu», vous risquez même une crise de panique.

La recherche nous a appris que le stress peut avoir un impact négatif sur le contrôle glycémique. Un niveau de stress accru crée plus d’hormone de stress, le cortisol, ce qui peut faire grimper votre glycémie. Vous l’avez certainement remarqué dans d’autres circonstances.
 

Que faire pour réduire votre niveau de stress?

Certaines règles de base s’appliquent à tout un chacun pour assurer une santé psychologique optimale. Appelons cela l’«hygiène psychologique», tout comme nous prêtons attention, par exemple, à l’hygiène des mains.

 

  1. Continuez à bouger : allez vous promener, courir ou faire du vélo seul. Vous pouvez aussi le faire avec un membre de votre famille ou avec un ami, à condition de respecter les règles de distanciation sociale. Ne vous déplacez pas en voiture, mais restez dans votre quartier. Si vous sortez, emmenez le matériel et les fournitures nécessaires en cas d’hypo en cours de route. Il existe également d’autres alternatives à l’exercice : des vidéos ludiques de fitness ou de danse circulent sur internet. L’exercice peut faire baisser votre niveau de stress général, ce qui peut avoir un effet bénéfique sur votre contrôle glycémique.
     
  2. Maintenez une structure : structurez votre rythme diurne et nocturne, prévoyez des activités routinières qui apportent calme et sécurité. La structure est également capitale pour maintenir la structure des repas et le suivi de la glycémie. Vous êtes en quarantaine et/ou au chômage technique? Essayez vraiment de structurer votre journée en blocs fixes. Vous avez à la maison des enfants qui ne peuvent pas aller à l’école? Offrez-leur également une structure, c’est très importante pour eux aussi.
     
  3. Prenez de la vitamine S : restez en contact avec les autres. Appelez et chattez en vidéo avec vos proches. Le contact écrit est également possible, mais prévoyez de temps à autre un coup de fil ou un appel vidéo qui ressemble davantage à un vrai contact. Bref, restez en contact, faites le plein de vitamines sociales, parlez de vos sentiments et cherchez du soutien. C’est une bien meilleure distraction que de se réfugier dans les médicaments ou l’alcool. Vous avez des questions sur le diabète? Contactez votre équipe du diabète. Le contact avec vos proches a un effet réducteur de stress.
     
  4. Un peu d’autocensure est désormais autorisé : limitez vos canaux d’information et les heures auxquelles vous regardez le journal télévisé. Choisissez des sources fiables et méfiez-vous des fausses informations. L’abondance d’information peut être terrifiante. Ce qui est autorisé : trouvez une note d’humour sur la situation, par exemple avec des blagues sur le COVID-19, des vidéos rigolotes et partagez-le avec vos amis. L’humour aide à oublier les soucis pendant un moment et à réduire le stress.
     
  5. Réfléchissez bien : l’intensité de la situation peut vous inquiéter ou des pensées négatives peuvent prendre le dessus. Confrontez-y des pensées positives et répétez-les pour vous-même.
     

Pensez à ceci: personne n’est encore mort d’un excès de peur, mais bien d’un manque de peur!

«Je fais ce que je peux avec les meilleures intentions.»
«Je ne sais pas ce qui va se passer, mais un peu de suspense est normal maintenant.»
«J’ai déjà été confronté à des problèmes difficiles et je m’en suis bien sorti !»
«Tout sera bientôt fini et je continue comme ça jusque là.»
«Je continue juste à prendre bien soin de moi et de mon entourage.»

Gardez aussi à l’esprit que si vous êtes préoccupé ou dépassé par vos propres émotions ou peurs, vous pouvez toujours contacter les psychologues de votre équipe du diabète. Vous ignorez comment les contacter? N’hésitez pas à contacter les éducateurs du diabète de votre centre. Ils vous mettront volontiers en contact avec le psychologue.

Nous y arriverons! Courage!

Amber van den Eynde et Wouter Van Der Borght,
sychologues de l’équipe du diabète de l’UZLeuven

Louvain, 1er avril 2020